Archives mensuelles : septembre 2010

Séminaire : la qualité de vie au travail

Photo : Frédérique Lemaire, "Waheke Island", Auckland, New.Zealand

 

 

Mettre en route l’intelligence, sans le secours des cartes d’état major.

René Char



L’Atelier 29 de Marie-Christine Gilles, vous invite à un séminaire de philosophie du travail, animé par Bernard Benattar, à la Villa d’Orléans

Qualité de vie au travail …

Entre bien-être, désir et puissance d’agir, qu’est-ce qui dépend de nous ?

Penser autrement le monde du travail, tout simplement  penser autrement pendant deux jours, soutenu par une démarche philosophique. Ne pas rêver, prendre soin de sa pensée, sans se laisser prendre aux illusions. Explorer résistances et issues d’un monde du travail quelquefois rêvé, souvent fustigé, redonner de l’épaisseur aux exigences et du relief aux désirs…

Partager le réel, les questions de la souffrance au travail, les tensions entre l’individuel et le collectif, faire l’expérience d’échanges où les mots mêmes  peuvent être réhabilités. Autant de moments où philosopher le travail, ses conditions, ses conséquences, donne des pistes pour ramener de la condition humaine, à travers luttes et contradictions …

Au cours d’une soirée de reconnaissances (autour d’un buffet) et deux jours de philosophie du travail, intenses et ardents, dans l’intimité inspirante de la Villa d’Orléans:

Nous mènerons une recherche commune par où se questionner justement, penser ensemble utopies et raisons critiques, pour affirmer nos légitimités et réinventer nos responsabilités.

 

du jeudi 21 Octobre 19h, au samedi 23 Octobre 16h

 

Au programme
Une philosophie en marche : débats/échanges coopératifs, pas de côté au propre et au figuré, questionnements à la Socrate, éclairages modestes ou provocateurs, écritures et lectures partagées.

Horaires
Jeudi  21 :          19h – 21h
Vendredi 22 :     10h – 17h30
Samedi 23 :       10h – 16h

Participation
Tarif entreprise : 500 € (convention de formation)
Tarif individuel : 210 €

 

Inscription avant le 15 Octobre auprès de Marie-Christine Gilles
arime.christine@free.fr  – 06 20 36 49 36 –
15 participants au maximum

 

Lieu : 43, rue Bezout, 75014 Paris
Métro Alésia, Bus 38, 62, 68, 513, Parking : Alésia 204 av. du Maine

Qualité de vie au travail, utopie ou opportunité ?

FACT

La 7e Semaine pour la qualité de vie au travail a proposé du 17 au 25 juin 2010 dans toute la France, des initiatives pour améliorer les conditions de travail et porter une pleine attention au capital humain dans toutes ses dimensions. Ce capital-là est essentiel pour maintenir ou accroître la compétitivité économique des entreprises.

Chaque Aract – Fact en Franche-Comté – a organisé dans sa région une manifestation sur un thème commun au réseau, cette année la Prévention des TMS ou sur un thème de son choix. Les années passées, Fact a abordé en Franche-Comté des sujets d’actualité, tels que la prévention des TMS en 2007, l’emploi de seniors en 2008, le stress au travail en 2009.

Pour cette édition 2010, le Comité d’orientation et l’équipe de Fact ont choisi d’organiser une conférence sur le thème : «Qualité de vie au travail, utopie ou opportunité ?».

Lors de sa conférence, Bernard Benattar, philosophe du travail, médiateur, psychosociologue et directeur de l’IEPP (Institut Européen de Philosophie Pratique) a apporté son éclairage sur le sens du travail, le désir au travail, la recherche des valeurs communes …

Pour bien vivre au travail, 5 axes à développer conclut-il :
– persévérer dans son être
– développer sa puissance d’agir
– faire autorité
– trouver du plaisir dans ce qu’on fait
– pouvoir désirer et aimer

Pour lire la synthèse de cette conférence : cliquer ici

Soirées ANM : Pour une philosophie de la médiation

Les soirées « Pour une philosophie de la médiation » de l’ANM reprennent !

ANM

Pour les inscriptions : cliquer ici.

Bernard Benattar nous invite depuis 3 ans à une réflexion philosophique sur les « mana » de la médiation.

Le « mana », terme d’origine polynésienne, désigne ce qui relève de la puissance spirituelle d’un groupe et contribue à le rassembler.

Nous avons déjà grâce à Bernard avec curiosité et plaisir questionné les thèmes suivants : le neutre, le tiers, la plainte, la non-violence, la confidentialité, le compromis. Ces « mots-mana »,  « dont la signification ardente, multiforme, insaisissable et comme sacrée, donne l’illusion que par ce mot on peut répondre à tout » (Roland Barthes par Roland Barthes, Le Seuil).

Cette année Bernard nous propose de poursuivre notre recherche à partir d’autres « mana » de la médiation : le malentendu, le cadre, le respect, la confiance, l’argent, l’autonomie, la profondeur, la justice, l’équité, la créativité… et d’y adjoindre des notions autres : le visage, la fragilité, l’étonnement, la bêtise, l’intimité, l’incorrect, la colère, le désir, l’alea, l’avenir.

Comment les aborder et les cerner ? Bernard en appelle à la surprise tant dans la forme que dans les contenus – le sujet du jour sera tiré au chapeau. Vous y contribuerez et cette recherche donnera lieu cette fois à publication.

 

Rendez-vous à l’A.N.M. 62, rue Tiquetonne – 75002 Paris, les mercredis de 19 h à 21 h :
29 septembre  –  20 octobre  –  17 novembre –  8 décembre 2010


Inscription dès à présent par courrier en joignant votre chèque à l’A.N.M.

Coût : 15 euros par soirée ou 60 € pour ce cycle de 5 soirées.

Convention de formation et facturation possibles sur demande.

L’Étonnement

L’Étonnement – Les mots du social… du côté de la question.

Article réalisé par Jocelyne Soulié à la suite de notre atelier d’analyse des pratiques


Chers collègues,

LES MOTS DU SOCIAL… DU COTE DE LA QUESTION A propos de l’étonnement..Lorsque vous lirez ces lignes je serai sur les pistes quelque part en Savoie, ravie d’être en vacances, désolée de ne pas être parmi vous aujourd’hui. J’ai tenté ci-après d’écrire quelques lignes sur l’étonnement et vous remercie par avance de votre attention.


Si l’on considère L’ETONNEMENT au sens étymologique, ce terme vient du latin etonare : ébranler comme un coup de tonnerre. La forme latine attonare signifiant frapper de la foudre. C’est dire si l’étonnement peut prendre une tournure violente et tragique.

Plusieurs sens définissent le mot étonnement. Le premier – qui m’a étonné par ignorance – est un terme de vétérinaire. Il se dit d’un cheval qui se heurte violemment à quelque obstacle. Etonner est également un terme de métier. Faire fendiller en le chaussant, le sable destiné à la fabrication du cristal. Etonner un diamant, c’est y faire une fêlure. Il se dit aussi d’un drap que l’on tire trop.

Le sens attribué généralement au vocable étonnement est un sens figuré. Il s’agit de causer un ébranlement moral. «Ma faiblesse    n’a    point    étonné    mon    ambition»    écrivait    Pascal. L’étonnement devient commotion, sensation morale causée par quelque chose d’extraordinaire, de singulier, d’inattendu. L’étonnement étourdit.

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Inventer au regard du monde (extrait)

Extrait de « Inventer au regard du monde« , Parolesdesjours.com, 2007

Ce qui se passe, ou advient, dans le déplacement de plans – du plan de l’anthropologie au plan de la finitude (de l’homme et de l’être) – ne paraît donc qu’à la faveur de notre époque, du nihilisme qui la gouverne de part en part. Ce que le travail de Heidegger nous met au défi d’entendre ou de voir – le travail de Heidegger, pas Heidegger, lui-même exposé (et plus que nous) à cela, ce qui se passe. La technique remontée à son aître, et non plus coupée de lui, donne directement sur le monde, nous nous retrouvons au contact du monde d’une façon telle que nous ne l’avons peut-être encore jamais vécue, en tout cas d’une façon qui doit être à présent la nôtre. Inventer devient ainsi ce dont il ne peut plus que s’agir pour nous. Inventer, ou habiter l’inobjectif. « Ce que nous faisons, c’est remonter à la vie », écrivait Proust, comme en écho au constat impatient de Rimbaud : « La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde ». Vivre, être au monde. Le monde comme rythme de toute vraie vie vraiment humaine. Pour voir, il faut aller vers ce avec quoi a à voir l’art le plus contemporain, par exemple, avec le logiciel Life Forms, Merce Cunningham, ou l’architecture, le design même – Mondrian n’est pas loin, qui fait de la peinture une chose désormais non mentale, sans rien en elle de rationnel ou d’objectif, ou de décoratif, voire de romantique, qui pèse ou qui pose.

À chaque fois, une proximité nouvelle avec le geste ou le corps humain. De Life Forms, Cunningham écrit : « Cela n’a pas fondamentalement changé mon approche de la danse, mais m’a permis d’élargir mon champ d’exploration. Ça m’a électrisé le regard. J’ai vu des choses que je ne percevais pas. » Exploré, le monde inobjectif – le mouvement du corps étant « expressif au-delà de toute intention » – qui, inobjectif justement, ne préexiste jamais à son exploration ou à son invention. (Nous-mêmes mis en mouvement, bien que de tout autre façon que les danseurs, par cette expressivité au-delà de toute intention.) Avec Life Forms, Cunningham réussit donc à faire entrer l’informatique dans l’inventivité. Cela signifie que l’inventivité ici n’est pas informée a priori par le processus rationnel de connaissance, selon lequel « nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes », processus auquel ressortit principalement l’informatique – et où règne l’oubli de l’être qui ne se nourrit que de lui-même –, parce qu’inventer, très simplement, n’est rien d’autre que se tenir en plein dans le mouvement de l’être, au contact d’un rythme dont les lois sont libres.
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La réalité à répétition (extrait)

Extrait de « La Réalité à répétition« , Lettrage Distribution, Paris, 2006.

Si, pour Péguy, être homme consiste d’abord à répondre du réel, au point qu’une fidélité sans faille est exigée de l’homme vis-à-vis du réel – sans quoi l’humanité même est entamée -, il revient au travail, tel que Péguy le définit, d’accomplir cette responsabilité-là –“travailler la réalité sur la réalité même” (1)– et, en tant qu’il est notre rapport concret, actif, en train de se faire, au réel, notre engagement face au réel, d’attester l’humanité première de l’homme en quelque sorte en acte.

Le rappel par Péguy du travail des ouvriers ou des artisans d’avant l’époque moderne (que Péguy voit commencer en 1880 ou en 1881) ne doit pas égarer le lecteur ; il s’agit moins d’être nostalgique que de circonscrire ce que c’est précisément que le travail : un travail appliqué, appliqué au réel tel qu’il est, un travail appliqué à laisser être le réel. En aucun cas, le travail n’est entendu comme la mainmise de l’homme sur le réel : ni maîtrise, cartésienne, du réel, ni objectivation, hégélienne ou marxiste, du réel qui, ainsi humanisé, réfléchit l’homme, ni, encore, impression, nietzschéenne, de la volonté de l’homme sur le réel. Juste un travail “fini” (2). C’est “l’être même du travail qui [doit] être bien fait” (3). Finitude et grandeur de l’homme ; finitude, c’est-à-dire grandeur de l’homme.
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Les travailleurs sociaux philosophent

 

Article de la rubrique « Enquête » du mensuel Sciences Humaines n°207 (août / septembre 2009) par Catherine Halpern.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Lundi 8 heures, centre professionnel et de pédagogie appliquée de Vitry-sur-Seine. Bernard Benattar, comme chaque mois, anime un atelier de philosophie avec des travailleurs sociaux, qui sont pour la grande majorité des assistantes sociales. Des femmes de tous âges sont assises autour de tables disposées en un grand carré. La plupart sont des habituées qui fréquentent avec assiduité cet atelier mensuel proposé au titre de la formation à ceux qui le souhaitent. Le thème du jour : « De quoi je me mêle ? L’intimité ».

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L’atelier de philo du social

L’atelier de philosophie du social…

… un lieu où des apprentis – professionnels et philosophe – viennent bousculer les mots mana, les paradigmes et les évidences…
… un laboratoire où sont disséqués les idéologies, les paradoxes, où les mots deviennent des réservoirs de possibles, de pensables…
… un chantier où les références philosophiques étayent idées, concepts, réflexions, simples remarques…
… un ouvroir où se mélangent les intentions, les attentions, les singularités… où est consignée par des verbatim la mémoire des instants et des mots…

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